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Contrats Aidés - Remise en cause public et suppression aveugle !
vendredi, 11 août 2017
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Après la baisse des APL, c’est maintenant haro sur les contrats aidés ! En deux déclarations de ministres, on a la vision :
 
« Ce sera un budget avec des choix, des réformes structurelles, le contraire de la politique du rabot. Par exemple, on sait très bien que le traitement social du chômage avec des contrats aidés ne fonctionne pas. Ce qui permet de retrouver un emploi, c’est deux choses : la baisse des charges des entreprises et nous allons réaliser ce que personne n’a jamais fait : 0 € de charge pour un salarié au SMIC ; et en même temps nous mettrons tout l’argent nécessaire sur le plan de formation voulu par le président de la République et porté par Muriel Pénicaud. » Gérald Darmain - ministre de l’Action et des Comptes publics
 
« Les contrats aidés sont coûteux et pas efficaces dans la lutte contre le chômage » Muriel Pénicaud - ministre du Travail
 
Alors les contrats aidés, cela ne fonctionne pas ? De quel point de vue se place-t-on ? De celui de Bercy et de la Cour des Comptes ? S’ils sont inutiles, alors, pourquoi les maintenir pour certains : l’Outre-mer, l’Éducation nationale, les urgences sanitaires et sociales, … ? Tant mieux pour eux !
 
Cet outil d’insertion - pensé par le biais d’un contrat de travail - permet, du côté du bénéficiaire, de retrouver une activité salariée complétée par une formation pendant un temps limité et, en contrepartie, du côté de l’employeur, de bénéficier d’une aide financière de l’État pour cette embauche.
 
Le contrat aidé a trouvé, depuis de nombreuses années, son utilité dans les collectivités locales, les associations, etc. Enclencher un cercle vertueux par une activité valorisante, un contrat d’engagement, un service rendu et une possibilité de s’insérer avec un employeur grâce à une formation était une belle perspective.
 
Malheureusement, les politiques et économistes de tout bord en donnent une image pervertie en ne mettant en avant que le soi-disant coût important sans réduire le chômage en contrepartie. Pourtant, l’objet premier du contrat aidé était l’insertion ou la réinsertion dans le monde du travail. Il n’a jamais eu pour vocation première de faire baisser le chômage. Les différents pouvoirs qui se sont succédés ont été laxistes avec les employeurs qui ont abusé, et abusent encore, de ces contrats aidés, en ne faisant pas respecter les obligations de formation liées à ce contrat, ou encore, en accordant des dérogations injustifiées.
 
Sans parler des faux espoirs d’embauche faits à des bénéficiaires très motivés, qui, au final ne peuvent être que déçus et frustrés par un monde du travail qui les a exploités et qui les abandonne une fois de plus, à leur sort de chômeur, selon leur point de vue. Cette attitude cynique a pour conséquence une mauvaise image des entreprises, par ces personnes ! Malheureusement, personne ne s’est jamais insurgé de cette démagogie assumée !
 
Tout cela a laissé le champ libre aux détracteurs de toute aide publique à l’emploi. Ils préfèrent avoir des personnes précaires, sans perspectives, plutôt que de donner un coup de pouce à des femmes et des hommes qui souhaitent, eux, être dans l’activité. C’est un point de vue ; le nôtre est qu’il vaut mieux investir dans ces personnes. Le coût social sera bien moindre. Un investissement n’est pas une dépense, mais un pari sur l’avenir qui sera utile à la société.
 
La suppression des contrats aidés sera remplacée par un plan ambitieux de formation, chouette ! Alors que nous attendons toujours un bilan du nombre de salariés formés grâce au maintien dans les entreprises du 1% légal mis en place par la loi de 2014 sur la formation professionnelle, et un autre sur le plan 500000 de 2016, voulu par le feu gouvernement Cazeneuve, on nous parle déjà d’un nouveau plan... No Comment !
 
Revoir le fonctionnement, l’attribution et le contrôle des contrats aidés est, sans aucun doute, nécessaire, et nous sommes pour, mais les sacrifier, purement et brutalement, sur l’autel du 139, rue de Bercy, c’est NON !
 
Lors de sa mise en place, ce gouvernement a décidé de ne plus commenter les chiffres mensuels du chômage. Lorsqu’on s’apprête à priver délibérément, plusieurs milliers de personnes d’une activité salariée dans le pays, c’est une sage décision !


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